L'ambre est une résine naturelle fossilisée. Rappelez vous "Jurrassic Parc".

L'ambre jaune est une  sève fossille sécrétée par des conifère, entre autres utilisée dans l'industrie et pour la fabrication d'objets ornementaux.

Bien que non minéralisée, elle est parfois vue et utilisée comme une gemme. Il existe quatre autres « gemmes » organiques : les perlesjais et l'ivoire. C'est la gemme la plus légère des cinq et aussi la plus tendre (par opposition au diamant qui est le plus dur).

Son nom provient de l'arabe anbar, probablement par l'intermédiaire de l'espagnol , mais le mot désignait primitivement l'ambre gris (qui est lui une concrétion intestinale du cachalot). utilisée en parfumerie.

Son appellation grecque àlektron est à l'origine du terme « électricité », suite à la découverte par Thalès de ses propriétés électrostatiques (la triboélectricité). Les Turcs se servaient de ces propriétés pour séparer certaines fibres de la paille. Il est tiède au toucher, par opposition au verre, qui est froid. Une autre étymologie donnerait l’electrum (« matière jaune »), un alliage d', comme origine. En allemand, Bernstein signifie « pierre qui brûle ». et d'

L'ambre jaune est une oléorésine fossile sécrétée par des conifères, entre autres utilisée dans l'industrie et pour la fabrication d'objets ornementaux.

Bien que non minéralisée, elle est parfois vue et utilisée comme une gemme. Il existe quatre autres « gemmes » organiques : les perles (la nacre), le corail, le jais et l'ivoire. C'est la gemme la plus légère des cinq et aussi la plus tendre (par opposition au diamant qui est le plus dur).



Processus de transformation []


Entre autres peuples, les Celtes l'ont beaucoup utilisé sous forme de perles, de façon plus marquée à partir du VIe siècle av. J.-C. Cette vogue disparaît à peu près deux siècles plus tard. Des pièces d'art celtique en ambre ont été léguées par les anglo-saxons.

Parce que l'ambre semble préserver des végétaux et des animaux, il a été associé à la jeunesse éternelle. Ainsi les anciennes Romaines en gardaient des morceaux en main, à la cour. De l'ambre a aussi été découvert dans des tombes égyptiennes.

Selon certains anciens comme Pline, Aristote ou Ovide, l’ambre serait le résultat d’une résine végétale s’écoulant de peupliers ou d’aulnes. Selon le poète Ovide, lorsque les Héliades, filles d'Hélios furent métamorphosés en aulnes et en peupliers, elles continuèrent de pleurer la mort de leur frère, Phaéton. Leur mère tenta de les sauver et commença à arracher les écorces qui recouvrait leurs corps, alors elles la supplièrent : « Pitié ma mère, je t’en supplie ! C’est notre corps qui, avec l’arbre est déchiré. Et maintenant adieu ! L’écorce vient étouffer leurs dernières paroles. Il en coule des pleurs, et goutte à goutte se solidifie l’ambre, né des rameaux nouveaux. Le fleuve transparent le recueille et l’emporte aux femmes latines qui s’en pareront ».

Selon une autre légende qui a perduré longtemps, l'ambre serait due à une sécrétion glandulaire ou à l'utine des grands animaux marins comme la baleine ou le cachalot. L'ambre gris est d'ailleurs bien une substance issue des sécrétions biliaires des cachalots.

Les Slaves l'ont associé aux larmes pétrifiées des dieux. L'ambre servait de talisman de protection, en général et aussi en particulier contre les enlèvements d'enfants. Il symbolisait aussi le lien éternel du mariage.

L'ambre se disait élecktron en grec ; les anciens Grecs, comme les Chinois, ayant découvert qu’en frottant l’ambre jaune, celle-ci produisait une attirance sur d’autres objets et parfois des étincelles, ils ont donc appelé cette force électricité, sous cette forme elle est dite « statique ».

Symbolique et croyances []

Collier d'ambre trouvé dans une tombe de la culture de Hallstatt.
Collier d'ambre trouvé dans une tombe de la culture de Hallstatt.

Les noces d'ambre symbolisent les 34 ans de mariage dans la tradition française. Il est parfois dit que l'ambre porte en lui la mémoire.

L'ambre, dédiée à Apollon, passe pour réchauffer le cœur et transmettre l'énergie solaire. Un collier d'ambre possèderait ainsi le pouvoir de réchauffer et l'on en mettait au cou des jeunes enfants. Un collier d'ambre soulagerait également les douleurs des bébés lors de la poussée dentaire.

Un anneau d'ambre, porté en permanence par un homme, permettrait de garder confiance en sa virilité. Les Chinois sculptaient dans l’ambre de petits animaux qui étaient censés favoriser la fécondité. Un anneau de poignet porté par une femme et provoquant des rougeurs, indiquerait que cette dernière est adultère.

L'ambre en poudre, aiderait à lutter contre la dépression et l'angoisse, aurait une action bénéfique sur les voies respiratoires, arrêterait les saignements de nez, permettrait d'éviter les fausses couches et limiterait les souffrances dues à la pousse des dents de lait chez les jeunes enfants. En France, au Moyen Âge, l'ambre en poudre était l’ingrédient de certains philtres d’amour, peut-être par analogie avec son pouvoir "magnétique" ou plus exactement électrique.


Contrefaçons []

La « pièce d'ambre » du palais de Catherine II de Russie, dans la ville de Tsarskoïe Selo.
La « pièce d'ambre » du palais de Catherine II de Russie, dans la ville de Tsarskoïe Selo.

Tests d'authenticité []

Du fait de la rareté de certaines ambres, de nombreux pièces contrefaites sont commercialisées. Les principaux matériaux utilisés par les faussaires sont le plastique et le copal. "Plastique" est ici un terme générique qui regroupe évidemment : ambre naturel, ambre pressé, ambre fondu, ambroïde, polybern, bakélite, celluloïd, galalithe, plastique vrai, érinoïd, catalin, et cellon, ...

Il existe une myriades de tests assez simples permettant d'"authentifier" une pièce d'ambre véritable (= ambre natif). Cependant, une réponse positive à un seul (ou même plusieurs !) de ces tests ne suffit surtout pas à valider la qualité d'ambre véritable (on pensera alors éventuellement à la combustion, seul test fiable unique, qui peut suffire pour valider le faux du vrai).

Chaleur 
Placer une aiguille chauffée à blanc sur l'ambre, une pièce véritable dégage une odeur de résine de pin, l'aiguille laisse une marque blanche, qui effrite l'ambre et le copal. À l'inverse, une pièce en plastique dégage une odeur âcre, l'aiguille laisse une marque noire et colle au point de chauffe.
Acétone 
Frotter l'ambre avec un coton imbibé d'acétone (ou de dissolvant à vernis à ongles ). L'ambre véritable ne se dissout pas, à l'inverse de certains plastiques utilisés pour les contrefaçons. Le copal devient collant.
Eau chaude 
Plonger la pièce dans l'eau chaude, l'ambre véritable dégage une odeur de pin brûlé, certains plastique, utilisés pour les contrefaçons, une odeur camphrée ou phénolée.
Alcool 
Plongée dans l'alcool, l'ambre est attaquée lentement, alors qu'une pièce contrefaite est rapidement attaquée.
Grattage 
Gratté avec un couteau ou une aiguille, l'ambre s'effrite. Avec une pièce en plastique, l'aiguille tend à rester coincée dans la pièce.
Flottaison 
Plonger le morceau dans un mélange de 25 cl d'eau et de 4 centimètres cubes de sel. L'ambre et le copal flottent, certains plastiques coulent.
Frottement 
Frotter l'ambre avec un chiffon de laine pour avoir une réaction électrostatique. L'ambre est très électrostatique, la réaction et vérifiable sur les cheveux, des pailles ou des petits bouts de papier. Certains plastiques de contrefaçons ne provoquent qu'une faible réaction électrostatique, ce qui permet de garantir qu'il ne s'agit pas d'ambre. Cependant d'autres plastiques peuvent provoquer une forte réaction, et sans laisser une odeur camphrée après le frottement.
Fluorescence 
Placé sous une « lumière noire » (lumière composée de violet et de proche ultraviolet, de 360 à 250 nm environ) une pièce authentique montre une brillance fluorescente caractéristique, qui peut varier selon les pièces, en fonction de la chimie des roches encaissantes.

Inclusions []

Les faussaires savent fabriquer à la perfection des pièces contenant une inclusion contrefaite, avec de l'ambre véritable. Cependant, leurs fabrications, certes peu coûteuses, ne concernent généralement que les inclusions "spéciales", dites : rares (scorpions, vertébrés, fleurs, etc.) assez rentables. Ce sont les inclusions végétales qui sont surtout difficiles à expertiser.

Ces méthodes, utilisant de l'ambre véritable, contournent presque tous les tests des vérifications (excepté la combustion). Il n'est cependant pas nécessaire d'avoir des connaissances pointues en biologie animale pour distinguer une inclusion animale moderne d'un fossile authentique. Le bon sens est suffisant. Et évidemment une observation attentive.

Ainsi, les animaux dont la morphologie a peu varié au cours de l'évolution sont indécelables. Mais, ce sont les indices autour de l'insecte qui permettent du juger le fossile. Les fourmis fossiles, par exemple, ne sont distinguables de leurs homologues modernes que par des détails se situant au niveau chètes et des pétioles, post-pétioles ou au scape des antennes. Éric Geirnaert a par exemple expertisé en 2002 des tritons contemporains remis artificiellement dans des ambres authentiques de la Baltique. Ces pièces étaient vendues de 80 à 100 euros.

Un des seuls critères simple permettant de discerner l'inclusion authentique de la contrefaçon est le hâle blanc qui entoure continuellement l'inclusion [2] organique qui a fossilisé dans la résine. Les faussaires ne savent pas reproduire cette marque des ambres authentiques. Le hâle blanc (ou voile) qui entoure l'insecte est le résultat d'un dégazage qui produit d'infimes bulles de gaz dans la matrice. Ce critère semble infaillible, même pour déjouer une contrefaçon très perfectionnée.

Voir aussi []

wikt:

Le Wiktionnaire possède une entrée pour « ambre ».

Bibliographie []

  • Les fabuleux pouvoirs de l'ambre, Florence Mégement, Ed.Exclusif 2005, ISBN 2848910380

Notes []

  1. G. O. Poinar, Jr. et B. N. Danforth, A Fossil Bee from Early Cretaceous Burmese Amber, Science, Vol. 314. no. 5799, p. 614, 27 Octobre 2006. résumé de l'article article de vulgarisation
  2. Sauf exception, il est alors nécessaire d'utiliser d'autres critères. Voir à ce sujet l'article sur l'ambre de Chiapas, présenté dans le Mag-AMP numéro 3 (page 27).

Références []

  • (en) David Penney, Mesozoic arachnids, version du février 2005. Photo de l'araignée Pisauridae, incluse dans un morceau d'ambre, bibliographie sur le sujet.
  • (de) Hugo Conwentz, Monographie der baltischen Bernsteinbäume, Danzig, 1890.
  • (en) Sven Gisle Larsson, Baltic Amber — A Palaeobiological Study, Entomonograph, volume 1, 1978.
  • (en) George Poinar et Roberta Poinar, Life in Amber, Stanford, Californie, 1992.
  • (en) David A. Grimaldi, Amber: Window to the Past, American Museum of Natural History, , 1996.
  • (de) Michael Ganzelewski et Rainer Slotta, Bernstein Tränen der Götter, 1996.
  • (en) Lambert LH, Cox T, Mitchell K, Rossello-Mora RA, Del Cueto C, Dodge DE, Orkand P, Cano RJ, Staphylococcus succinus sp. nov., isolated from Dominican amber, International journal of systematic bacteriology, volume 48, pages 511 - 518, avril 1998.
  • (fr) Éric Geirnaert, L'ambre, miel de fortune et mémoire de vie, éditions du Piat, 2002. ISBN 2-9513274-3-9
  • (en) David Penney, Fossil Blood Droplets in Miocene Dominican Amber Yield Clues to Speed and Direction of Resin Secretion, Palæontology, volume 48, numéro 5, page 925, septembre 2005.

En savoir plus [modifier]

  • (fr) Éric Geirnaert, L'Ambre, Minéraux & Fossiles (numéro spécial), no 266, octobre 1998.
  • (fr) Éric Geirnaert, Premier congrès mondial de l'ambre, Minéraux & Fossiles, no 269, janvier 1999.
  • (fr) Florence Mégemont, Dictionnaire des pierres et minéraux, Éd. Exclusif, 2003, ISBN 2-84891-004-6
  • (fr) Florence Mégemont, Les fabuleux pouvoirs de l'ambre, Éd. Exclusif, 2006, ISBN 2-84891-038-0